Chronologie
La frise chronologique ci-dessous permet de contextualiser le propos de cette exposition en reprenant quelques dates clés de l'histoire des métis.

1890 - 1892
Fondements juridiques
À l'époque de l'État indépendant du Congo, les premiers décrets formant la base juridique pour le déplacement (forcé) des enfants métis sont publiés. Le décret sur la création des « Colonies Scolaires » de 1890 place les enfants considérés comme abandonnés sous la tutelle de l'État. Le décret de 1892 autorise les congrégations religieuses à accueillir des enfants sous la tutelle de l'État et à leur fournir une éducation dite « européenne ».
1915
Immatriculation
À partir de 1915, une ordonnance stipule que les métis non reconnus par leur ascendant européen doivent être automatiquement immatriculés aux registres de la "population indigène civilisée". Dans la pratique, cette ordonnance n'a pas été appliquée de manière systématique.

1932
Création de l'« Association pour la Protection/Promotion des Mulâtres » (A.P.P.M)
Diverses initiatives philanthropiques, souvent d'inspiration religieuse s'intéressent au sort des métis « abandonnés ». En 1932, l'A.P.P.M est fondée. Jusqu'à la période post-coloniale, elle continue à gérer le déplacement de métis vers la Belgique et à leur apporter un soutien juridique, financier et « moral ».
Théorisations autour du « problème mulâtre »
1935
Le « Congrès international pour l'étude des problèmes résultant du mélange des races » se tient à Bruxelles à l'occasion de l'exposition universelle. Le
« problème mulâtre » y est abordé comme une question politique, sociale, juridique et scientifique.

Commissions d'études
1948
Mandatées par l'administration coloniale, plusieurs commissions d'études examinent la situation juridique et sociale des métis. Cependant, aucune ligne politique claire n'est dégagée, en conséuqence de quoi les métis ont été victimes de beaucoup d'arbitraire et de confusion en matière administrative.

Années 1950
Les métis s'unissent
Après la Seconde Guerre mondiale, les premières associations créées pour et par des métis en vue de défendre leurs droits voient le jour en Belgique, mais aussi dans les territoires colonisés.
1952
Renforcement du cadre légal
À partir de 1952, le système des commissions de tutelle est généralisé et leurs pouvoirs sont renforcés pour placer sous la tutelle de l’État les enfants qu'elles considèrent comme abandonnés et les envoyer dans une institution. Les commissions de tutelle ont souvent injustement privé les mères africaines de leurs droits parentaux.

1959 - 1962
Déplacements d'enfants à l'approche des indépendances
Entre 1959 et 1962, environ 300 résidants de « l'institut pour mulâtres » de Save (dans l'actuelle République du Rwanda) et de quelques institutions voisines sont déplacés vers la Belgique. En partie grâce aux recherches de l'historienne Sarah Heynssens, cette institution où étaient placés des enfants métis est l'une des mieux connues et documentées à l'heure actuelle.
Déplacements post-coloniaux
Années 1960 - 1980
Des réseaux caritatifs continuent parfois bien après les indépendances à organiser des déplacements de métis vers la Belgique, souvent dans le cadre d'adoptions internationales.

